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Voix du Nord du 10/02/2008

Nord Eclair du 07/02/2008

Voix du Nord du 07/02/2008

20 Minutes du 07/02/2008

 

 

 

La Voix du Nord - Édition du dimanche 10 février 2008

Grand Stade : le privé doit-il

 

Chaque semaine, nous lançons la discussion « sur la Grand-Place ». Ce dimanche, retour sur un dossier qui a fait déjà couler beaucoup d’encre : le coût du Grand Stade. Le président de la communauté urbaine, Pierre Mauroy, l’a souligné lui-même : le privé sera sollicité. Mais sous quelles formes ?

PAR JULIEN LÉCUYER
metro@lavoixdunord.fr PHOTO PHILIPPE PAUCHET
Messieurs du privé, sortez les chéquiers ! Lors de la dernière séance du conseil, vendredi 1er février, le président de Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU), Pierre Mauroy, a fait plus que suggérer ce qui bruissait depuis la parution controversée d’une page de publicité signée par quatre grands acteurs économiques (voir page suivante) : le privé devra prendre une part plus importante dans le financement du Grand Stade.
Le partenariat public-privé (PPP), tant vanté pour son équité, n’aura donc pas suffi. Actuellement fixée par délibération à 14,2 ME sur 31 ans (voir ci-contre), la redevance demandée pour le stade d’Eiffage est trop élevée. Tout le monde en convient désormais. Et Marc-Philippe Daubresse en tête. Le premier vice-président (Union pour le Nord) et candidat à la présidence communautaire ne s’est pas caché pour le répéter, lors de sa dernière conférence de presse. « Il faut continuer les négociations, assure-t-il. En négociant avec les acteurs économiques et par une nouvelle ingénierie financière, on peut baisser la redevance à 11 ME. » Rien que ça. Et comment intéresser les milieux économiques à mettre la main à la poche ? « En faisant payer les droits à construire », suggère M.-Ph. Daubresse. L’élu parle des terrains autour du stade, dont l’aménagement revient à la communauté urbaine.
 

Un droit de regard
« C’est juridiquement illégal, rétorque Éric Quiquet. On ne fait pas n’importe quoi autour de l’objet PPP.
» L’écologiste n’est évidemment pas contre un investissement du privé : il en avait même fait l’appel principal de sa lettre ouverte aux acteurs économiques. « Ils doivent abandonner leurs habits de spectateurs, sinon, le projet restera une maquette », prévient-il. « Il faut les rendre acteurs, poursuit-il. Cela signifie de leur donner un droit de regard sur le projet, par le biais d’un groupement d’intérêt économique. » Éric Quiquet, qui a annoncé hier sa candidature à la présidence communautaire, en fera sa première décision s’il est élu : « J’inviterai les acteurs économiques et je leur demanderai de mettre au pot. S’ils acceptent, je leur apporte le foncier et l’accessibilité. À eux de trouver la rentabilité. » Et il ajoute : « Ce dossier, je le retirerai à l’élue chargée des sports (Michelle Demessine, PCF) pour le confier à Dominique Baert (vice-président PS au budget, qui s’est abstenu lors du choix d’Eiffage).
C’est une affaire évidemment financière.
» Interrogée vendredi, l’autre candidate à la présidence Martine Aubry (Socialistes et apparentés) ne souhaitait pas s’exprimer. Selon nos informations, elle travaillerait néanmoins sur la manière d’investir le privé, notamment en l’intégrant dans l’exploitation. Il serait même convenu que, d’une seule voix, les présidents de groupes engageraient la discussion avec les milieux économiques. C’était bien sûr avant que M.-Ph. Daubresse ne prenne quelques libertés avec les consignes... •
 

 

La Voix du Nord - Edition du dimanche 10 février 2008

REPÈRES

 

Prix : de quoi parle-t-on ?
La communauté urbaine s’apprête à rendre public un petit document qui synthétise les informations sur les coûts de l’équipement et des aménagements. Nous nous le sommes procurés.
Le coût du stade (net de taxes) reviendrait à 282 ME pour sa construction et à 42 ME pour celles des espaces annexes (hôtels, restaurants...). La conception et la construction globales atteindraient donc 324 ME.
Le groupement Eiffage s’est engagé à verser un minimum de recettes garanties de 5,9 ME. L’équipement sera payé à la livraison en 2012 par le biais d’une redevance nette globale annuelle, pendant trente et un ans, de 24,7 ME. La Région versera une participation annuelle de 3 ME pendant la même période. Le LOSC, 7,5 ME (dont 4,3 ME pour la location du stade les jours de matchs, 0,9 ME pour le paiement des fluides et autres taxes et 2,3 ME pour l’exploitation commerciale du nom du stade). Pour LMCU, il restera donc 14,2 ME par an. Ce montant intègre l’ensemble des coûts d’études, de construction, de financement, de travaux, d’entretien, de maintenance, de renouvellement et de gestion de l’équipement.
 

 

Dans le document, les travaux d’accessibilité du stade sont estimés à 173 ME HT (études comprises), 206 ME TTC. Ils doivent être réalisés et payés avant la livraison du stade, d’ici 2012.
Les travaux comprennent l’aménagement du boulevard de l’Ouest et du boulevard de Tournai, le doublement du pont d’Ascq, l’extension du parking des Quatre-Cantons, la création d’une passerelle entre le campus de Lille I et le site de la Borne de l’Espoir, les aménagements de l’accessibilité autoroutière par le sud, du carrefour des Quatre-Cantons et du cheminement piétons du boulevard Langevin.
 

La Voix du Nord - Edition du dimanche 10 février 2008

« Ça peut valoriser le secteur. »

 

Gérard, 56 ans, de Lille-Fives.- « Je suis abonné au LOSC. Alors je suis tout à fait pour. C’est le projet le plus cher, mais aussi le plus ambitieux. Ça peut valoriser le secteur. Pour une métropole européenne, c’est nécessaire d’avoir un grand stade comme à Lyon ou Marseille. Mais les collectivités ne peuvent pas assumer seules cet investissement. Je suis pour un partenariat public-privé.

 

La Voix du Nord - Edition du dimanche 10 février 2008
 

« Un très bel outil » pour le monde du spectacle, mais quelques réserves...

 

 Le Grand Stade permettrait à un spectacle comme Bharati de ne faire qu’une date dans le Nord, estime Dorothée Da Silva.

La révélation du projet Grand Stade, la semaine dernière, a été accueillie avec enthousiasme dans le monde du spectacle, avec, toutefois, quelques points à éclaircir...
« C’est une très bonne nouvelle ! », lâche Aurélien Binder, directeur des Zénith de Lille et d’Amiens, et très attentif au nouveau site villeneuvois. Le soir de la grande décision, juste avant l’heure H, alors que l’on ne connaissait pas encore quel serait le projet retenu, on le voyait arpenter le hall de la plus grande salle lilloise, portable à la main, prêt à dégainer dès qu’on lui annoncerait le choix final.
 

« Si nous avions une salle d’une jauge de 50 000 personnes, nous serions les deuxièmes ainsi équipés en Europe. On pourrait imaginer faire venir chez nous tous les revivals, Rolling Stones, U2, Metallica, Led Zeppelin... » À présent qu’il sait, son « très bonne nouvell e » manque pourtant de sourire.
C’est auprès de Dorothée Da Silva, présidente de Lille Grand Palais-Zénith, que l’on comprend le léger hic : « C’est un très beau projet, le plus ambitieux, pas le plus économique. Il va falloir rassembler toutes les synergies pour faire vivre cet espace très fort, idéal pour les très grosses jauges. Mais c’est aussi un projet qui s’installe en frontal avec le Zénith, puisque sa jauge commence à 6 000 personnes pour se moduler jusqu’à 30 000 personnes. Nous n’avons pas besoin d’une salle de 6 000 personnes. Mais de toute façon, je pense que cela coûtera tellement de moduler le stade pour une si petite jauge que le prix des places seraient trop élevés. Par contre, des spectacles comme Bharati par exemple, qui ont rempli l’an passé plusieurs Zénith de suite, pourraient ne faire qu’un stade. Ce qui permettrait aux danseurs de ne passer qu’une nuit sur place. La priorité restera les contraintes des matchs sportifs. Les concerts se mettront dans les trous. Donc, on pourra difficilement y glisser des tournées, qui doivent être prévues à l’avance. Mais plutôt des "coups". Nous allons changer de dimension. »
Un stade d’accord, mais les campings ?

Justement, en matière de coups, la principale et quasiment unique productrice lilloise s’attaquant à l’international, France Leduc, n’est pas en reste. Le festival d’Arras, c’est son bébé. Elle fait venir cet été Céline Dion, Radiohead, BBBrunes et Mika. Travaillant depuis Londres, elle est constamment à la recherche de jauges géantes. Alors pour elle, une bonne nouvelle ? « Je ne sais pas. J’attends de le voir sortir de terre pour m’y attacher. C’est un bel outil, mais tellement un bel outil qu’on se demande si ça va se faire ! Pour les festivals, je ne suis pas sûre que cela m’intéresse : les artistes n’aiment pas les festivals dans les salles. Ce projet est important pour le foot. Pour les spectacles, il faudra voir si les prix sont attractifs, compétitifs. J’ai souligné une chose : lorsque l’on fait un grand stade comme ça, il ne faut pas oublier les campings ! S’ils ne prévoient pas la possibilité d’accueillir 20 000 personnes en camping, il ne se passera pas grand-chose. Ils ont l’espace. Des centres commerciaux, on en a bien assez. Il faut débloquer des espaces verts. Aujourd’hui, mon festival d’Arras n’en est qu’au commencement, j’en ai un deuxième en cours. Quatre sont prévus.
Les seuls 40 000 places que je trouve, c’est à 200 km au sud de Paris. Le meilleur reste à Arras. C’est bien de faire un stade. Mais il faut avoir une ambition qui soit bien calculée. » •  
VIRGINIE CARTON

PHOTO MAX ROSEREAU

 

La Voix du Nord - Edition du dimanche 10 février 2008
 

Les acteurs économiques attendent des contreparties

 

 La page de publicité qui avait suscité la polémique.

Participer ? Pourquoi pas... Mais sous quelles formes ? Trois des acteurs économiques qui avaient signé une page de publicité controversée pour le Grand Stade réagissent au débat sur l’investissement du privé.
Leur boule à facettes dans un rond central en avait mis plus d’un « en boîte ». En s’offrant une pleine page de publicité dans les journaux pour soutenir le projet, ces quatre acteurs du monde économique métropolitain ont, contre leur gré, fait émerger le débat sur l’investissement du privé dans le financement du Grand Stade.
 

Philippe Vasseur, président d’Alliances, Bruno Bonduelle, président de la chambre de commerce et d’industrie Grand Lille, Pascal Boulanger, président du Club Gagnants, et Jean-François Dutilleul, président du Comité Grand Lille, ne pensaient pas faire autant de vagues, ni déclencher la riposte d’Éric Quiquet. L’écologiste lillois avait répondu par le biais d’une lettre ouverte critiquant le coût de l’équipement et appelant à « travailler à un vrai partenariat public-privé ».
« L’idée n’était pas de faire de la politique, tempère Pascal Boulanger. Le message, c’était de faire s’exprimer quatre représentants du monde de l’entreprise. » N’empêche. Comme d’autres, Pierre Mauroy est monté au créneau, lors de sa dernière présidence de conseil communautaire, pour demander une plus grande implication du privé.
« C’est un peu fort de café !, tempête le bouillonnant président de la CCI Grand Lille. Dans la métropole, si on ajoute à la taxe professionnelle le versement transports, les entreprises participent à hauteur d’un petit 80 % au budget communautaire. Le Grand Stade est donc déjà largement financé par le privé. » Bruno Bonduelle s’emporte... sans compter. Les entreprises contribuent bien, mais plutôt à hauteur de 36 % du budget global de la communauté urbaine (375 ME de TP et 166,9 ME de versement transports sur 1 489 ME). Toujours est-il qu’il estime les critiques actuelles un peu osées alors qu’il rappelle avoir proposé à Lesquin un stade financé exclusivement par le privé. « Qu’est-ce qu’on va faire aujourd’hui, des souscriptions ? », ironise Bruno Bonduelle.
Le président d’Alliances, Philippe Vasseur, est plus pragmatique. Selon lui, les entreprises ne pourront pas répondre aux sollicitations à la fois du LOSC et de la communauté urbaine. « Si on vient boucler le budget du LOSC (par le biais du « naming » notamment), on ne pourra pas contribuer autrement », prévient-il.
Cela tombe bien, la communauté urbaine entend apporter des contreparties économiques. « Si elle offre aux entreprises des dispositions pour investir, pourquoi pas ? » L’idée de Marc-Philippe Daubresse de valoriser les droits à construire n’est pas pour lui déplaire. Même s’il considère cette décision « politique » puisqu’elle risque d’indisposer les communes voisines telles que Villeneuve-d’Ascq. •  J. L.


 

Nord Eclair - 07/02/2008

Daubresse : réserves sur le coût du Grand Stade

 «Par la négociation avec les partenaires économiques, par un travail d’ingéniérie financière, on peut baisser à 11millions d’euros.» Arch. NE

 

Marc-Philippe Daubresse vise la présidence de la communauté urbaine. Mais pour pouvoir appliquer le programme qu’il se fixe, il estime qu’il lui faudra baisser la charge annuelle du financement du Grand Stade à 11 millions d’euros et envisage le recours à l’emprunt.

MATTHIEU MILLECAMPS >  Hier, le candidat au siège laissé bientôt vacant par Pierre Mauroy a présenté son programme métropolitain en terme de transport. Un programme ambitieux qui a « pour objectif que, dans 10 ans, aucun point du territoire de la métropole lilloise ne soit éloigné de plus de 30 minutes du coeur de ville ». Pour l’atteindre, il propose de « donner un coup d’accélérateur au Tram-Train », un serpent de mer métropolitain « qu’on ne peut plus différer ». Autre proposition, la multiplication des gares d’escales sur les lignes TER qui convergent vers Lille-Flandres, et une augmentation de la fréquence des trains. Toujours sur les transports en commun, Marc-Philippe Daubresse plaide pour une « renégociation d’un avenant avec Transpole pour une meilleure prise en compte des trajets domicile-travail et domicile-école ».
Marc-Philippe Daubresse, qui regrette à demi-mot l’enterrement du projet d’A24 qui « avait ses avantages et ses inconvénients », juge toujours « incontournable le contournement routier de Lille ». Il plaide pour la réalisation d’un axe reliant l’A1 à l’A23, pour en finir avec « une métropole en situation de thrombose ».
Pour ce faire, il propose « la prise de compétence (par la communauté urbaine) sur les routes et voiries ». Un domaine qui pour l’instant relève du conseil général. Institution dont Marc-Philippe Daubresse propose de toute façon la suppression, en écho au rapport de la commission Attali. « Le XXIe siècle sera celui des Régions et des Agglomérations », glisse le député maire.
Programme ambitieux, donc, qui suppose « des arbitrages financiers ». Le seul projet du Tram-Train est ainsi estimé à 700 millions d’euros. Investissement dont la communauté urbaine supporterait peu ou prou la moitié, soit « de 3 à 400 millions d’euros », selon Paul Astier, vice-président de la communauté urbaine et soutien, au titre du groupe Métropole Passion Commune, de la candidature de Marc-P
hilippe Daubresse.

Négociations et endettement
Difficile de ne pas faire le lien avec le projet de Grand Stade d’Eiffage (440 millions auxquels s’ajoutent 200 millions d’euros de travaux d’accessibilité). Sur ce point, l’enthousiasme qui était de mise vendredi soir à l’heure du vote au conseil de communauté ne semble plus vraiment l’être.
Certes, Marc-Philippe Daubresse persiste et signe sur l’engagement de principe, estimant qu’un stade moins lumineux et moins cher « ne correspondrait pas à l’ambition que nous avons pour la métropole ». C’est la charge annuelle que représente le Grand Stade qui gêne Marc-Philippe Daubresse : 14,2 millions d’euros par an, c’est trop. « On peut obtenir une baisse. Par la négociation avec les partenaires économiques, par un travail d’ingénierie financière, on peut baisser à 11 millions d’euros », estime Marc-hilippe Daubresse. Et, pour mener à bien le programme d’investissements qu’il entend se fixer s’il est élu à la tête de la communauté urbaine, ce dernier compte sur l’endettement. « Nous avons des capacités d’endettement, nous pouvons nous endetter sur 50 ans ».  •


La Voix du Nord - Edition du jeudi 7 février 2008

 

GRAND STADE
Le projet s’invite aux municipales à Villeneuve-d’Ascq et divise les candidats

Incarnation d’une certaine ambition métropolitaine, le Grand Stade est aussi un enjeu incontournable des municipales. Et notamment à Villeneuve-d’Ascq, où l’équipement sera implanté. Vendredi, lors du dernier conseil communautaire, l’actuel et l’ancien maires, tous deux candidats, ont donné un avant-goût de leurs profondes divergences.

PAR LAURENT WATIEZ
metro@lavoixdunord.fr Quelques chiffres suffisent à planter le décor. Autour de la Borne de l’Espoir, site du futur stade, un peu moins de 100 000 m² de surfaces commerciales attirent une clientèle fidèle et… envahissante. À lui seul, le centre V2 draine, chaque fin de semaine, plus de 50 000 personnes. Déjà proche de l’asphyxie, la zone s’apprête à accueillir, d’ici la fin 2009, un complexe cinématographique de 2 850 places, doublé d’un nouveau centre commercial. Dans un tel contexte, les riverains, de Villeneuve-d’Ascq mais aussi de Lezennes (avec Les 2sous du Grand Stade) entendent peser sur le débat municipal. Les candidats, eux, sont en première ligne.

Dès le premier jour, ou presque, Jean-Michel Stievenard (en médaillon, en haut) a suivi le mouvement engagé, sans s’opposer. «  La communauté urbaine le veut, elle le décide, j’accepte », rappelait ainsi le maire en septembre. L’élu socialiste, toutefois, n’est pas disposé à tout supporter. À commencer par une nouvelle zone d’aménagement concerté (ZAC), nourrie de commerces et de logements. En lieu et place, Jean-Michel Stievenard, soutenu par Marc Godefroy (Lezennes), a plaidé, vendredi, pour une « coulée verte de dix hectares, parc de loisirs et de sports pour tous les métropolitains. Le véritable Central Park de la métropole, ce sera là ». « Fier d’apporter sa contribution à ce choix », le maire de Villeneuve-d’Ascq espère maintenant être soutenu dans les difficiles dossiers d’aménagements annexes, à commencer par les accès routiers, l’environnement et les relations avec l’université Lille 1. « Là aussi, il faudra être ambitieux  ». Didier Plancke, candidat de l’UMP, est sur la même ligne. Gérard Caudron (en médaillon, en bas), lui, n’y croit pas. Du moins, il estime précipitée la décision prise vendredi. Pour l’ancien maire (durant vingt-quatre ans), la réalité de la ville nouvelle n’a pas été suffisamment prise en compte. Dans une longue intervention, il a justifié sa non-participation au vote, récusant par avance les reproches de « frilosité », effectivement adressés par Pierre Mauroy. « Est-ce manquer d’ambition que de se poser la question du stationnement des habitants du quartier de l’Hôtel de Ville, du Triolo et de Lezennes, sans oublier les risques d’une suroccupation de notre grand et prestigieux campus scientifique ? 
», s’est notamment interrogé Gérard Caudron. En s’opposant ainsi, le candidat à l’hôtel de ville non seulement se démarque de son successeur et rival, mais endosse surtout l’habit de « celui qui sait dire non à la communauté urbaine, au nom des Villeneuvois ».

 

Les Villeneuvois sont plutôt réticents

Principaux concernés par le projet, les habitants de Villeneuve-d’Ascq ont un avis mitigé sur la construction du Grand Stade. Au centre de leurs préoccupations : la circulation, la sécurité et le coût.
Les fans de football sont ravis, mais ils sont loin d’être majoritaires… Nombreux sont ceux qui ne veulent même pas en entendre parler.
Ce qui inquiète principalement les Villeneuvois, c’est l’afflux de population les soirs de matchs. La question de la circulation et celle de la sécurité autour du stade reviennent très fréquemment. Les habitants craignent de ne plus pouvoir sortir de chez eux et surtout, qu’il y ait des affrontements entre supporters et des détériorations. En résumé, comme l’exprime Astrid, ils pensent que cela va être « le bordel ».

 

D’autres Villeneuvois pointent du doigt le coût du projet et l’investissement que cela représente pour LMCU. Ils auraient préféré, à l’image de cette commerçante, que « l’argent public soit investi autrement, en améliorant le centre-ville par exemple ».
Certains habitants pensent qu’il n’est pas très judicieux « de tout regrouper au même endroit ». C’est ce qu’explique Étienne  : « Les gens ne vont plus vouloir faire leurs courses au centre commercial V2, il y aura trop de monde, partout. Au final, ça va se retourner contre Villeneuve- d’Ascq. » Fait intéressant, les opposants au Grand Stade affirment que ce projet pèsera dans leur vote. À un mois des élections municipales, l’enjeu est de taille pour les candidats. • 
LAURENN GRU

REPÈRES

Depuis le début du projet, l’association « Les 2sous du stade » s’oppose farouchement à la construction du Grand Stade. Philippe Devienne, le secrétaire de l’association, revient sur les derniers « rebondissements ».
Le choix du projet « C’est un grand carnaval. Le projet choisi est le plus cher alors que cela devait être "le moins-disant". Pierre Mauroy ne pouvait pas partir sans voir son projet accepté. En juin on découvrira que financièrement ça ne tient pas la route. » Les problèmes « Bon nombre n’ont toujours pas été résolus, notamment au niveau de la sécurité. Le stade va être construit à côté d’une université de recherche où l’on manipule des produits chimiques, donc dangereux. Et aucune étude d’impact n’a été réalisée. » Et maintenant ?

 

 « Nous allons analyser tous les documents pour voir si tout est en règle. Nous travaillons également sur un tract car nous constatons que beaucoup de personnes s’intéressent à nos propos. Le nombre de visiteurs de notre site internet a d’ailleurs très fortement augmenté ces derniers jours.


20 minutes - Édition du jeudi 7 février 2008

Le Grand Stade à qui perd gagne

Norpac-Bouygues peut être déçu. Ecarté vendredi de la conception du Grand Stade au profit d'Eiffage, le constructeur avait pourtant réussi le plus dur : figurer en tête des critères de sélection fixés par l'appel d'offres de LMCU. C'est ce qui ressort d'un premier projet de délibération qu'a pu se procurer 20 minutes.

Le texte, qui date de la semaine précédant le vote, plaçait le dossier Bouygues devant son concurrent, avec un score global de 6,8 contre 6,4 à Eiffage. Sept critères avaient été pris en compte, le coût - point fort de Bouygues - étant de loin le plus important (35 % du score final). Or la délibération précisait bien : « Le candidat ayant remis l'offre classée première (économiquement la plus avantageuse) sera désigné comme attributaire pressenti. » Une semaine plus tard, patatras : sur la même base réglementaire, Eiffage passe 1er, Bouygues 2e. « Normal, c'est le résultat de la sélection opérée par les élus », explique Marc-Philippe Daubresse, premier vice-président de LMCU.

Ce n'est pas l'avis de tous. « Derrière ce choix, il y a des manoeuvres qui ont tout à voir avec l'échéance municipale à venir », estime un conseiller sous couvert de l'anonymat. « C'est pour cela qu'il n'était pas judicieux de voter ce projet avant les élections », renchérit Gérard Caudron, l'ancien maire de Villeneuve d'Ascq. Contacté, Bouygues préfère se taire sur un éventuel recours : « C'est prématuré. » D'autant que l'attribution définitive n'interviendra qu'en juin, et que Bouygues reste en lice en cas d'échec des discussions d'ajustement avec Eiffage.

Olivier Aballain - ©2008 20 minutes

 

 

 

 

 

 

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