1977-2001

Paroles de Maire

1977  1978  1979  1980  1981  1982  1983  1984  1985  1986  1987  1988

1989  1990  1991  1992  1993  1994  1995  1996  1997  1998  1999  2000

2008  2009  2010  2011  2012  2013  2014  2015  2016  2017  2018  2019


1980

Février
Avril
Juin
Octobre
Décembre






 

 

 

N° 14 - Février 1980

DES ACTIONS POUR 80

M.V.
Monsieur le Maire, chacun a pu remarquer le 13 janvier lors de la cérémonie des voeux, la tonalité moins pessimiste de vos propos. Quelle en est la raison ?

G. CAUDRON
Effectivement aujourd'hui, tout pousse au pessimisme sur le plan international comme sur le plan national. Pourtant, je pense qu'il faut résolument tirer de ces constats des forces individuelles, et collectives pour y faire face et tracer malgré tout, sur le plan local, des perspectives d'action mobilisatrices.

M.V.
Quelles sont les perspectives ?

G. CAUDRON
Il y a d'abord le budget de la commune à terminer et à voter ; mais il y a aussi de grandes actions à lancer dans les domaines de la concertation, des adolescents, de la lutte contre le gaspillage, des énergies douces, solaires et géothermiques.

M.V.
Ce budget 80 sera t'il plus ou moins difficile que les précédents ?

G. CAUDRON
Le budget de Villeneuve d'Ascq est toujours difficile, car c'est une ville en évolution rapide. Les besoins y sont importants et croissants tandis que les recettes correspondantes sont toujours incertaines et insuffisantes.
Depuis décembre, il se prépare dans l'ouverture la plus large par l'addition des propositions maximales des services, des adjoints et de tous les élus et cela à partir des besoins exprimés par la population.
Le résultat est lourd : 67 MILLIONS DE FRANCS de demandes de dépenses de fonctionnement (contre 50 millions de dépenses effectives en 1979).
En face de ces demandes, les recettes ne sont aujourd'hui toujours pas connues, mais seront, de toutes façons, très inférieures à cette somme de plusieurs millions de francs nouveaux.

M.V.
A quelle date voterez-vous le budget ?

G. CAUDRON
Il le sera fin mars quand nous connaîtrons le montant exact de toutes les recettes, en particulier la valeur de l'élément de répartition (le centime) qui conditionne le pourcentage réel d'augmentation d'impôts.

M.V.
Et d'ici là ?

G. CAUDRON
Les services vont terminer le montant des dépenses "incompressibles". Une subvention de fonctionnement sera réclamée à l'État et les élus établiront des choix parmi les actions nouvelles en fonction de différentes hypothèses de recettes.

M.V.
Et de combien augmenterons les impôts ?

G. CAUDRON
Le pourcentage d'augmentation d'impôts dépendra de la valeur du centime, du choix des dépenses et du montant de la subvention. En ce qui me concerne, je ferai tout pour qu'il ne dépasse pas le taux réel de hausse des prix qui s'impose a une commune, compte tenu de la nature des dépenses (en particulier le chauffage) et des charges liées à l'accroissement de la population.

M.V.
Vous parliez de grandes actions à mener en 1980 ?

G. CAUDRON
Une fois levée l'hypothèque "calendrier de finition de la Ville Nouvelle", liée aux engagements de l'État au titre du 8e plan
il nous faut parfaire notre action sociale, notre lutte contre toutes les formes de misère, notre politique n direction des enfants et le rééquilibrage de la ville au profit des anciens quartiers. ces objectifs prioritaires de la ville au profit des anciens quartiers. Ces objectifs prioritaires depuis 3 ans le resteront.
Parallèlement, un grand débat sur les adolescents est nécessaire dans la ville car leur nombre augmentera fortement dans les 8 prochaines années.

M.V.
Est-ce un problème de maisons de jeunes ?

G. CAUDRON
C'est un problème de locaux, de crédit, mais surtout de volonté collective de tous ceux qui, dans une ville, sont confrontés à cette question.
La ville fera sa part mais elle n'est pas la seule à intervenir. Tous les animateurs et responsables doivent se sentir mobilisés.

M.V.
Et la concertation ?

G. CAUDRON
C'est aussi, avec l'information, un des piliers de notre action.
C'est une démarche difficile que d'approcher collectivement la décision, mais nous nous y employons par tous les moyens et j'espère que 1980 sera l'année des CONSEILS DE QUARTIER. J'y suis personnellement favorable. A chacun maintenant d'y réfléchir, d'en discuter et d'arrêter une décision dans les meilleurs délais.

M.V.
Dans votre conférence de presse su 5 janvier, vous avez parlé de la lutte contre le gaspillage et les énergies "douce" ?

G. CAUDRON
Un CRI VILLENEUVOIS a été créé pour récupérer le verre à partir du printemps ; le papier et les cartons sont à l'étude... et nous sommes ouverts a toute autre propositions.
En ce qui concerne les énergies douces, des projets sont à notre programme : chauffage solaire pour les ateliers municipaux, pompe à chaleur pour la Ferme Verte, géothermie pour des logements éventuels boulevard de Valmy.

M.V.
Vous arrivez à la moitié de votre mandat ; quel bilan en faite-vous ?

G. CAUDRON
Je ferai ce bilan dans quelques mois. Je dirai simplement aujourd'hui que :

  1. La ville existe et plus personne n'en conteste l'existence (ce qui n'était pas le cas en 1976).

  2. Les luttes menées à différents niveaux ont donné des résultats (ex. le Métro, le mur anti-bruit, le renforcement des administrations publiques, les aides financières, etc...).

  3. La Ville Nouvelle connaît sa date de finition.

  4. Au sein du Conseil, malgré des divergences entre socialistes et communistes, la machine municipale ne s'est jamais bloqué et le programme de mars 1977 se réalise.

M.V.
Sur ce dernier point, craignez vous l'avenir ?

G. CAUDRON
Je considère qu'il vaut mieux une UNION difficile qu'une DÉSUNION "triomphante" et confortable.
Mon action tendra toujours à renforcer l'unité malgré les obstacles.

M.V.
Et d'une façon plus générale ?

G. CAUDRON
L'avenir est en partie, ce que chacun en fait à son propre niveau.
Les perspectives sont sombres. Il faut donc agir pour transformer ces espérances en réalité et pour cela allier en permanence l'imagination et la tolérance, la lutte et la discussion, la décision et l'action.


Février 1980 (propos recueillis par Marianne Vinchon)

 

 

      

"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!"