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DES ACTIONS POUR 80
M.V.
Monsieur le Maire, chacun a pu remarquer le 13 janvier lors de la
cérémonie des voeux, la tonalité moins pessimiste de vos propos. Quelle
en est la raison ?
G. CAUDRON
Effectivement aujourd'hui, tout pousse au pessimisme sur le plan
international comme sur le plan national. Pourtant, je pense qu'il faut
résolument tirer de ces constats des forces individuelles, et
collectives pour y faire face et tracer malgré tout, sur le plan local,
des perspectives d'action mobilisatrices.
M.V.
Quelles sont les perspectives ?
G. CAUDRON
Il y a d'abord le budget de la commune à terminer et à voter ; mais il y
a aussi de grandes actions à lancer dans les domaines de la
concertation, des adolescents, de la lutte contre le gaspillage, des
énergies douces, solaires et géothermiques.
M.V.
Ce budget 80 sera t'il plus ou moins difficile que les précédents ?
G. CAUDRON
Le budget de Villeneuve d'Ascq est toujours difficile, car c'est une
ville en évolution rapide. Les besoins y sont importants et croissants
tandis que les recettes correspondantes sont toujours incertaines et
insuffisantes.
Depuis décembre, il se prépare dans l'ouverture la plus large par
l'addition des propositions maximales des services, des adjoints et de
tous les élus et cela à partir des besoins exprimés par la population.
Le résultat est lourd : 67 MILLIONS DE FRANCS de demandes de dépenses de
fonctionnement (contre 50 millions de dépenses effectives en 1979).
En face de ces demandes, les recettes ne sont aujourd'hui toujours pas
connues, mais seront, de toutes façons, très inférieures à cette somme
de plusieurs millions de francs nouveaux.
M.V.
A quelle date voterez-vous le budget ?
G. CAUDRON
Il le sera fin mars quand nous connaîtrons le montant exact de toutes
les recettes, en particulier la valeur de l'élément de répartition (le
centime) qui conditionne le pourcentage réel d'augmentation d'impôts.
M.V.
Et d'ici là ?
G. CAUDRON
Les services vont terminer le montant des dépenses "incompressibles".
Une subvention de fonctionnement sera réclamée à l'État et les élus
établiront des choix parmi les actions nouvelles en fonction de
différentes hypothèses de recettes.
M.V.
Et de combien augmenterons les impôts ?
G. CAUDRON
Le pourcentage d'augmentation d'impôts dépendra de la valeur du centime,
du choix des dépenses et du montant de la subvention. En ce qui me
concerne, je ferai tout pour qu'il ne dépasse pas le taux réel de hausse
des prix qui s'impose a une commune, compte tenu de la nature des
dépenses (en particulier le chauffage) et des charges liées à
l'accroissement de la population.
M.V.
Vous parliez de grandes actions à mener en 1980 ?
G. CAUDRON
Une fois levée l'hypothèque "calendrier de finition de la Ville
Nouvelle", liée aux engagements de l'État au titre du 8e plan
il nous faut parfaire notre action sociale, notre lutte contre toutes
les formes de misère, notre politique n direction des enfants et le
rééquilibrage de la ville au profit des anciens quartiers. ces objectifs
prioritaires de la ville au profit des anciens quartiers. Ces objectifs
prioritaires depuis 3 ans le resteront.
Parallèlement, un grand débat sur les adolescents est nécessaire dans la
ville car leur nombre augmentera fortement dans les 8 prochaines années.
M.V.
Est-ce un problème de maisons de jeunes ?
G. CAUDRON
C'est un problème de locaux, de crédit, mais surtout de volonté
collective de tous ceux qui, dans une ville, sont confrontés à cette
question.
La ville fera sa part mais elle n'est pas la seule à intervenir. Tous
les animateurs et responsables doivent se sentir mobilisés.
M.V.
Et la concertation ?
G. CAUDRON
C'est aussi, avec l'information, un des piliers de notre action.
C'est une démarche difficile que d'approcher collectivement la décision,
mais nous nous y employons par tous les moyens et j'espère que 1980 sera
l'année des CONSEILS DE QUARTIER. J'y suis personnellement favorable. A
chacun maintenant d'y réfléchir, d'en discuter et d'arrêter une décision
dans les meilleurs délais.
M.V.
Dans votre conférence de presse su 5 janvier, vous avez parlé de la
lutte contre le gaspillage et les énergies "douce" ?
G. CAUDRON
Un CRI VILLENEUVOIS a été créé pour récupérer le verre à partir du
printemps ; le papier et les cartons sont à l'étude... et nous sommes
ouverts a toute autre propositions.
En ce qui concerne les énergies douces, des projets sont à notre
programme : chauffage solaire pour les ateliers municipaux, pompe à
chaleur pour la Ferme Verte, géothermie pour des logements éventuels
boulevard de Valmy.
M.V.
Vous arrivez à la moitié de votre mandat ; quel bilan en faite-vous ?
G. CAUDRON
Je ferai ce bilan dans quelques mois. Je dirai simplement aujourd'hui
que :
-
La ville existe et plus personne n'en conteste
l'existence (ce qui n'était pas le cas en 1976).
-
Les luttes menées à différents niveaux ont donné des
résultats (ex. le Métro, le mur anti-bruit, le renforcement des
administrations publiques, les aides financières, etc...).
-
La Ville Nouvelle connaît sa date de finition.
-
Au sein du Conseil, malgré des divergences entre
socialistes et communistes, la machine municipale ne s'est jamais
bloqué et le programme de mars 1977 se réalise.
M.V.
Sur ce dernier point, craignez vous l'avenir ?
G. CAUDRON
Je considère qu'il vaut mieux une UNION difficile qu'une DÉSUNION
"triomphante" et confortable.
Mon action tendra toujours à renforcer l'unité malgré les obstacles.
M.V.
Et d'une façon plus générale ?
G. CAUDRON
L'avenir est en partie, ce que chacun en fait à son propre niveau.
Les perspectives sont sombres. Il faut donc agir pour transformer ces
espérances en réalité et pour cela allier en permanence l'imagination et
la tolérance, la lutte et la discussion, la décision et l'action.
Février 1980 (propos recueillis par Marianne Vinchon)
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